Le temps d'arriver un poil en retard et discuter à droite à gauche, My Name is Nobody and the desert fox passe à la trappe. C'est de toute manière Magic Barbecue que j'attends impatiemment, déjà au fait de ce qu'est capable de produire Jb à la batterie dans Pneu, le savoir seul armé d'un clavier bontempi défectueux, d'un sampleur dans le même état et un micro passé à la disto calé dans la glotte ne peut qu'arriver à un résultat convainquant. La batterie est bien évidemment posée à même le sol au beau milieu de la salle, pour plus de proximité avec les cymbales fendues, afin que les tympans du public se retrouvent dans le même état d'ici une petite demi-heure si tout va bien. Pour faire simple, Jb est le genre de batteur que je pourrai regarder jouer toute ma vie. Des boules de feu au bout des bras, un caisse claire ultra sèche martyrisée, violentée, qui se prends des coups cent fois par seconde, une vitesse de l'éclair et des bras en l'air, il est bien vivant derrière son kit, oh oui. Toi devant, moins. Par dessus la déferlante rythmique, arrivent des beats aussi mongoloïdes qu'énormes pour un résultat totalement dancing techno punk à en faire relativiser sa programmation musicale du premier nigth club croisé. Full on quota sourire pour la soirée.
Après une courte pause, ce sont les italiens de Belini qui montent sur la scène. Autant la jouer franc jeu, à part deux trois anecdotes, leur statut pas loin de culte et une écoute rapide de The Precious Prize Of Gravity -leur dernier album- je ne connais rien du groupe. Dingue comme les public des concerts de noise rock est quasi toujours trentenaire...En tout cas, sur scène Belini c'est plutôt la classe, les bref souvenirs que j'ai de leur album, notamment ce premier morceau au riff légèrement bluesy, se ravivent, en mieux. Il y a les mélodies cachées derrière les turbulences noisy du guitariste et la basse qui claque, mais trop peu mon goût. Belini n'est pas le genre à frapper plus fort pour mieux faire, mais rentre plutôt sa cisaille de guitare dans ton oreille en poussant doucement. Reste la voix, un poil trop...molle ? Je ne sais pas trop, même si d'un coté j'imagine bien que c'est elle qui fait aussi la particularité du groupe, il manquait quelque chose. Bon concert, et jolie découverte en même temps.
Changement de plateau une nouvelle fois pour Bilge Pump. Les anglais continuent dans la lancée rétro 90's straight to Chicago entamée par les Americano-Italiens en plus puissant et math-rock, les plans fusent, la basse est extra présente mais je me lasse au bout de trois morceaux. La voix trop en avant en décalage avec le son nerveux du groupe y étant pour beaucoup.
Gros trou d'une bonne heure en attendant Marvin, qui joue en même temps que Bleubird, dommage, j'aurai bien vu un bout du set du MC, mais je brûle d'envie de voir les nouveaux morceaux des Montpellierains. La dernière fois que j'avais vu les Marvin, c'était dans un rade perdu, la soirée avait été atrocement longue jusqu'à leur concert mais il avaient quand même réussi le tour de force de me recoller le sourire après avoir subi a peu près 5 groupes de grunge lycéens et une heure trop tardive. Entre cette dernière fois et ce soir il s'est facilement écoulé un an, et à force faire plus de dates qu'il y a de jour dans l'année à travers la France et l'Europe leur son à quelque peu muté, s'est radicalisé vers le coté dansant. Le Korg d'Emilie à bouffé du lion, plus présent sur chaque morceau au détriment de leur petit coté noise qui s'est lui plutôt atténué. Un pas de plus vers la l'electro, pour une disco noise jouissive, qui met le public en feu et fait slammer les bourrés dans le vide, un grand moment. Une bonne grosse moitié de nouveau morceaux, si ce n'est pas plus, sans compter les anciens qui se sont vus réarrangés pour toujours plus d'éclate en live. Le meilleur concert de la soirée, facile.
2h30 du matin, enfin, Year of No Light débarque avec ses deux camions de matériel à installer. Deux batteurs, trois guitares, une basse ? La salle va s'écrouler. La formule à donc été largement remaniée depuis le départ du chanteur et le passage en tout instrumental. Plus lourd, plus jusqu'au boutiste, plus noir. Le son est donc volontairement énorme, et la mélancolie terrée sous les kilotonnes de basse en ressort plus subtile, moins cartonnée. Leur concert est censée être une procession, malheureusement gâchée par la lumière braquée dans les yeux. En une heure, ils auront eu le mérite de faire fuir les ¾ de la salle partis onduler leurs corps chargés sous des auspices plus dancefloor à l'extérieur. Certains morceaux sont vraiment excellents, lents et gras as hell mais toujours plombés de noirceur, d'autres convainquent moins, trop axés dans le pathos facile des groupes de post-hardcore du nouveau millénaire qui pullulent. Le son était extrêmement fort et puissant, aussi pas mécontent que le concert se termine au bout d'une petite heure, harassé je suis.
Chouette soirée une fois de plus à l'actif du Jardin Moderne, avec comme grande découverte le grandiose Magic Barbecue et les Marvin, toujours plus grands, toujours plus forts. Vivement un nouvel album.
Pas de photos...
2 commentaires:
Y'avait TAINT le même soir à 150 bornes de là!
Ouais bon bah ça va, on a pas tous une voiture hein...On les fera jouer un jour pour compenser.
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