
A l’affiche de La Lanterne à Rennes lors d’une mini-tournée avec les danois « math/pop trop édulcorée » de Marvins Revolt, le trio instrumental qu’est Grumpf Quartet ( cherchez l’erreur ) a pu nous dévoiler son savoir faire en matière de math/rock qui savate. Ce n’est d’ailleurs pas leur premier album autoproduit qui nous fera dire le contraire. Bénéficiant d’une production d’excellente facture, les 7 titres des bordelais mélangent savamment boucles de guitare à cent à l’heure, basse grondante omniprésente et plans de batterie discrets mais alambiqués pour un rendu d’une fluidité et d’une cohérence rare.
Entre 2 parties polyrythmiques qui lattent à s’en arracher l’échine, Grumpf Quartet fait également la part belle à des accalmies entêtantes, mélodiques ou plus angoissantes, allant jusqu’à introduire un saxophone sur certains titres ( « Stravinsky on da rocks », « Racine de deux » ). Ce dernier, bien qu’amenant le groupe dans des sphères plus expérimentales, à cependant tendance à s’installer au détriment de la tension permanente instaurée par le groupe.
Porté par une aura jazzy et un groove ravageur, ce premier effort est en tout cas une belle réussite. Le trio maitrise son affaire et a intelligemment digéré les codes des Dillinger Escape Plan, Noxagt et cie qui font généralement référence en la matière, tout en réussissant à se forger une forte identité propre.
Un album classe qui s’est fait une place haut la main dans mon top 2009.
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